CONNAISSANCES, ATTITUDES ET PRATIQUES DES PRESTATAIRES DE SANTE SUR LE DEPISTAGE DU CANCER DU COL DE L’UTERUS A LIBREVILLE EN 2019
Résumé
Objectif : Évaluer les connaissances, attitudes et pratiques des prestataires de santé sur le dépistage du cancer du col de l'utérus à Libreville en 2019.
Population et méthode : Il s'est agi d'une étude transversale analytique de type Connaissances, Attitudes, et Pratiques (CAP) qui s'est déroulée du 1er Juillet 2019 au 1er Janvier 2020 dans les structures sanitaires publiques de Libreville.
La population d'étude était constituée des médecins gynécologues, généralistes, sages-femmes et infirmiers. La collecte des données a été faite à l'aide d'un questionnaire anonyme. Les données ont été analysées à base du logiciel SPSS version 20.Le test de chi2 a été utilisé pour apprécier le niveau de signification entre variable et prise deux à deux en suite, le risque relatif (RR) a été obtenu, l'intervalle de confiance à 95 %, p<0,05.
Résultats : Au total, 401 prestataires ont été interrogés. L'âge moyen était de 37 ans. Les connaissances étaient satisfaisantes, 371/401(92,5%); les attitudes favorables, 392/401 (97,8%), et les pratiques mauvaises 93/401 (23,2%). De manière spécifique, 3/4 de l'échantillon n'avait jamais pratiqué le dépistage du cancer du col de l'utérus.
Les facteurs associés à une probabilité élevée d'avoir les meilleures connaissances (satisfaisantes) étaient le niveau d'étude et la profession. Le niveau de connaissances influence les attitudes, ainsi les prestataires de santé qui avaient un niveau de connaissances satisfaisant 371/401 (92,5%) avaient une probabilité de 1,08 fois plus élevée d'avoir un niveau d'attitude favorable face au dépistage du cancer du col de l'utérus, ce résultat était statistiquement significatif avec p=0,03. Le niveau de connaissance influence la pratique, de sorte à ce que les prestataires de santé qui avaient un niveau de connaissances satisfaisant 371/401(92,5%) avaient une probabilité de 8,33 fois plus élevée d'avoir une bonne pratique car des bonnes connaissances émanent des bonnes pratiques, ce résultat était statistiquement significatif avec p=0,07 Le niveau d'attitude n'influence pas le niveau de pratique. Le test statistique n'était pas significatif soit p=0,095.
Conclusion : Notre étude a montré que les prestataires de santé avaient le niveau de connaissances et d'attitudes acceptables sur le dépistage du cancer du col de l'utérus. La pratique quant à elle est faible. Ces résultats indiquent la nécessité d’une formation des prestataires de santé sur le dépistage du cancer du col de l'utérus dans le but d'améliorer leur niveau de connaissances, mais surtout de pratique.
