LA PRÉ-ÉCLAMPSIE CHEZ LES ADOLESCENTES : ASPECTS ÉPIDÉMIOLOGIQUES, CLINIQUES, THÉRAPEUTIQUES ET ÉVOLUTIFS DANS 2 HÔPITAUX UNIVERSITAIRES DE YAOUNDÉ AU CAMEROUN
Résumé
Objectif : il était de décrire les caractéristiques épidémiologiques, cliniques et évolutives de la pré-éclampsie chez les adolescentes à Yaoundé (Cameroun).
Méthodologie : il s’est agi d’une étude transversale rétrospective descriptive qui s’est déroulée à l’hôpital central et à l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé. Nous avons recruté les adolescentes prises en charge pour une pré-éclampsie du 1er janvier 2015 au 30 Novembre 2021, soit une période de sept ans. Les données ont été analysées à l’aide des logiciels Cspro 7.1 et SPSS 3.0.
Résultats : la prévalence de la pré-éclampsie était de 1,9% des accouchements (784/42170). Les adolescentes représentaient 17,7% (139/784) des pré-éclamptiques, ce qui représentait 0,3% (139/42170) des accouchements. L’âge médian était de 18 ans avec des extrêmes de 12 ans et 19 ans. La plupart des adolescentes arrivaient avec un mauvais état général (80% ; 92/115). A l’admission, la pré-éclampsie dans sa forme sévère représentait 74,8% (86/115) des cas avec 13,9% (16/115) de mort fœtale in utero à l’arrivée. La prise en charge avait nécessité l’utilisation d’antihypertenseurs en bithérapie dans 51,3% des cas. L’accouchement par césarienne était prédominant (76,5% ; 88/115). Les complications étaient dominées par l’éclampsie (32,2% ; 37/115). Le taux de décès maternel était de 12,2% (14/115) et le décès périnatal représentait 13,9% (16/115) des cas.
Conclusion : la forme sévère de la pré-éclampsie est fréquente chez les adolescentes. Le pronostic était mauvais. Un meilleur suivi prénatal et une prise en charge d’emblée agressive devraient améliorer le pronostic de la maladie.
