LES EVACUATIONS OBSTETRICALES EN SALLE D’ACCOUCHEMENT DANS UN HOPITAL DE DEUXIEME NIVEAU DE REFERENCE EN GUINEE
Résumé
Objectifs : Les objectifs de cette étude étaient de déterminer la fréquence des évacuations obstétricales, de décrire leurs aspects sociodémographiques, cliniques, thérapeutiques et d’évaluer le pronostic maternel et périnatal des patientes évacuées.
Méthodes : il s’agissait d’une étude prospective de type descriptif et analytique d’une durée de 6 mois (01 juillet 2021 au 31 décembre 2021), réalisée à la maternité de l’Hôpital Régional de Labé (Guinée). Les données ont été analysées à l’aide du logiciel Epi info version 7.2.2.16. Le test statistique utilisé était celui de Chi-deux (X2), avec un seuil de significativité de 5%.
Résultats : Nous avons enregistré 352 cas d'évacuations obstétricales sur un total de 2097 consultations soit une fréquence de 16,7%. Le profil sociodémographique était celui d’une patiente de la tranche d'âge 15-24 ans (41,20%), nullipare (29,83%), ménagère (74,43%), mariée (99,15%), non scolarisée (66,20%) et qui provenait de la zone rurale (59,66%). Les motifs d’évacuation étaient dominés par les dystocies (42,32%). Les patientes étaient suivies dans des centres de santé (75,00%), par des sages-femmes (60,23%) et des infirmières (21,30%) avec un nombre insuffisant (˂ 4) de CPN (57,39%). Les évacuations étaient faites par les infirmières (48,30%) avec un transport non médicalisé (96,88%) et une distance parcourue de moins de 30 km (72,56%). La césarienne (58,80%) était le mode d’accouchement le plus pratiqué. Les facteurs associés au décès maternel étaient la distance parcourue, la parité, et le nombre de consultation prénatale. Les létalités maternelle (2,8%) et périnatale (21,30%) étaient très élevées.
Conclusion : Les évacuations obstétricales étaient très fréquentes dans notre étude avec un pronostic maternel et périnatal très mauvais. Nous préconisons de mettre en place un système de SAMU obstétrical en zone rurale pour contribuer à la régulation des évacuations obstétricales, mais surtout de permettre aux patientes à faible revenu d’accéder au service afin de réduire le taux de mortalité maternelle et périnatale.
