MODE D’ACCOUCHEMENT ET PRONOSTIC DE LA PRESENTATION DU SIEGE UNE ETUDE TRANSVERSALE DE 2013 à 2023 AU CENTRE DE SANTE PHILIPPE MAGUILEN SENGHOR YOFF (DAKAR)
Résumé
Objectifs : Ils étaient de déterminer la fréquence de la présentation de siège, les données épidémiologiques des patientes et le pronostic de l’accouchement en présentation de siège.
Méthodologie : il s’agissait d’une étude transversale effectuée à la maternité du centre de santé Philippe Maguilen Senghor de Dakar (Yoff) sur une période de onze (11) ans, allant du 1er Janvier 2013 au 31 Décembre 2023. Les patientes porteuses d’une grossesse multiple et celles dont le fœtus était dans une présentation autre que la présentation du sommet et du siège n’étaient pas incluses dans notre étude. Les données ont été analysées à l’aide du logiciel Statistical Package for Social Science.
Résultats : Nous avions enregistrés 58 638 accouchements dont 2342 étaient en présentation du siège soit une fréquence de 4% pour la présentation du siège. On retrouvait deux fois plus d’accouchement prématuré dans la présentation du siège (14,6%) que dans la présentation du sommet (6,2%) (p<0,001). Un taux presque similaire d’induction du travail était retrouvé aussi bien dans la présentation du siège (5,2%) que celle du sommet (4,6%) (p=0,116 ; RR=1,128 : IC [0,934-1,362]). Les pathologies associées à la grossesse les plus fréquemment rencontrées dans notre série étaient le placenta prævia et les anomalies de position du cordon. S’agissant du mode d’accouchement, on avait deux fois plus de césarienne dans la présentation du siège (42,7%) que dans la présentation du sommet (20,7%) (p<0,001 ; RR=2,861 ; IC [2,629-3,113]). Les autres interventions obstétricales à savoir l’épisiotomie et la déchirure étaient quasi similaires dans les deux groupes. En ce qui concerne le pronostic néonatal, il existait une association significative entre le type de présentation et la mortinatalité (4,9% vs 1,4%), et la réanimation néonatale beaucoup plus élevés dans la présentation du siège que celle du sommet (41,6% vs 18,4%). Il en est de même pour le score d’APGAR bas inférieur à 7 à la cinquième minute qui était beaucoup plus retrouvé dans la présentation du siège (8,3%) que celle du sommet (3,1%) (p<0,001) avec quasiment plus de deux fois plus de risque. Parallèlement, la pratique de manœuvres a été retrouvée comme facteur de survenue d’un mauvais score d’APGAR.
Conclusion : L’accouchement du siège par voie basse a subi une réelle ascension de son pourcentage ces dernières années, ce qui apparait dans notre étude. Cependant, il convient de procéder à une sélection rigoureuse des gestantes et de définir les bénéfices et risques avant de choisir la voie d’accouchement à suivre devant une présentation du siège.
