LES COMPLICATIONS DES AVORTEMENTS PROVOQUES A L’HOPITAL NATIONAL IGNACE DEEN DU CHU DE CONAKRY

  • Mamadou Hady DIALLO
Mots-clés: Avortements provoqués ; Complications ; Hôpital ; Guinée.

Résumé

Introduction : L’avortement provoqué est un problème majeur de santé publique dans les pays en développement où la législation interdit cette pratique.

Objectifs : Ils étaient de calculer la fréquence des avortements provoqués, d’identifier les complications et de décrire la prise en charge.

Méthodologie : Il s’agissait d’une étude longitudinale, prospective et de type descriptif d’une durée de 3 ans allant du 1er mai 2021 au 30 avril 2024 réalisée dans les services de Gynécologie-Obstétrique et de chirurgie générale de l’hôpital national Ignace Deen, ayant concerné toutes les femmes admises dans les 2 services pour un avortement provoqué durant la période de collecte des données.

Résultats : La fréquence de l’avortement provoqué était de 0,2% des accouchements. Il s’agissait des patientes de la tranche d’âge 20-24 ans (38,9%) avec un âge moyen de 23,2 ans, de profession libérale (44,4%), non scolarisées (36,1%), célibataires (63,9%) et nullipares (52,8%). Les principaux motifs de consultation étaient l’hémorragie génitale (63,9%), la douleur abdominale et /ou pelvienne (61,1%) et les vertiges (47,2%). L’évacuation obstétricale était le mode d’admission à 77,7%. L’âge gestationnel moyen au moment de l’avortement était de 13,9 SA avec des extrêmes de 10 et 22 SA. Les méthodes abortives les plus fréquemment pratiquées étaient l’AMIU (44,4%), la prise de décoction (27,8%) et le curetage (13,9%). Dans 72,2% des cas l’avortement était réalisé par un agent de santé et 66,7% dans une clinique privée. L’anémie aigue (83,3%), l’hémorragie abondante (69,4%) et la rétention de débris trophoblastiques (38,9%) étaient les complications non infectieuses les plus fréquentes et celles infectieuses dominées par l’endométrite (38,9%), le choc septique (25%) et la péritonite aigue généralisée (13,9%). La prise en charge reposait essentiellement sur l’AMIU, la toilette péritonéale, l’hystérorraphie, et la résection iléale avec anastomose termino-terminale accompagnée de transfusion sanguine et d’antibiothérapie. Le taux de létalité s’élevait à 11,1%.

Conclusion : Malgré l’interdiction de cette pratique par la législation guinéenne, les avortements provoqués restent fréquemment pratiqués dans notre pays. Ils sont responsables de morbidité et de mortalité maternelles préoccupantes.

Publiée
2025-09-16
Comment citer
DIALLO, M. H. (2025). LES COMPLICATIONS DES AVORTEMENTS PROVOQUES A L’HOPITAL NATIONAL IGNACE DEEN DU CHU DE CONAKRY. JOURNAL DE LA SAGO (Gynécologie – Obstétrique Et Santé De La Reproduction), 26(2). Consulté à l’adresse https://www.jsago.org/index.php/jsago/article/view/230