ASPECTS ÉPIDÉMIOLOGIQUES, CLINIQUES ET THÉRAPEUTIQUES DES AVORTEMENTS AU CENTRE HOSPITALIER UNIVERSITAIRE DE LIBREVILLE AU GABON EN 2022
Résumé
Objectif : Étudier la prise en charge des patientes reçues pour avortements au CHUL en 2022.
Méthodologie : Il s’est agi d’une étude transversale rétrospective à visée descriptive et analytique qui s’est déroulée sur une période allant du 1er /01 au 31 /12 /2022, réalisée au Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (CHUL). Tous les dossiers complets de patientes prises en charge pour avortement aux urgences gynécologiques et obstétriques ont été inclus.
Résultats : Sur 3691 consultations au cours de la période d’étude, 207 patientes étaient prise en charge pour avortement soit une fréquence de 5,6%. Les avortements provoqués prédominaient sur les avortements spontanés avec respectivement 87,4% et 12,6%. L’âge moyen était de 27,8 ans ± 6,8 ans, extrêmes de 17 et 43 ans. La tranche d’âge de 25-31ans était majoritaire soit 45,9%; les élèves/étudiantes ont représenté 47,4%. Les nullipares étaient les plus représentées, soit 31,4%. L’âge gestationnel moyen était de 10,4 SA ± 4,5 SA avec 81,6% de patientes qui avaient un âge gestationnel inférieur ou égal à 12SA. Les métrorragies et les complications hémorragiques étaient majoritaires avec respectivement 93,2% et 95,2% ; aucun décès n’a été enregistré. L’anémie et les débris ovulaires représentaient respectivement 62,3% et 96,6%. L’aspiration manuelle intra utérine (AMIU) était le moyen d’évacuation prépondérant à 69,1% suivi par le misoprostol à 30,9%. Transfusion de culot globulaire a concerné 10,6%, supplémentation martiale 90,3% de patientes. Il existe un lien statistiquement significatif entre les caractéristiques sociodémographiques et le type d’avortement, puis entre le nombre d’avortement antérieur et la survenue des complications.
Conclusion : L’avortement est un problème de santé publique dans notre pays. Malgré une législation répressive, les avortements provoqués clandestins étaient majoritairement rencontrés aux urgences gynécologiques et obstétriques du Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (CHUL), suivie des avortements spontanés parmi lesquels les causes maternelles étaient incriminées. Au vue de ces résultats nous dirons que la prise en charge des avortements a beaucoup évolué ces dix dernières années dans notre service. Toutefois, des efforts restent encore à fournir pour une meilleure prise en charge des patientes.
Mots clé : Avortement, Traitement, AMIU, Libreville
